La première question d'un acheteur belge qui découvre la maille turque est presque toujours : « C'est combien, un pull ? » C'est une question légitime, mais elle n'a pas de réponse unique — pas parce qu'un fabricant cache ses tarifs, mais parce que le mot « pull » recouvre des objets très différents. Un pull col rond en coton, jauge 12, monté en coupé-cousu, et un cardigan en mérinos jauge 7 tricoté en fully-fashioned n'ont rien à voir en termes de coût, même s'ils tiennent tous deux sur un cintre. Il n'existe pas de grille tarifaire universelle ; il existe une structure de coût que l'on peut décomposer poste par poste. Une fois cette logique comprise, une cotation devient lisible — et négociable sur les bons leviers.

Maille fully-fashioned en cours de tricotage — postes de coût d'un pull : fil, temps machine et finition
Le tricotage fully-fashioned met en forme chaque panneau directement sur la machine : moins de chute de fil, mais davantage de temps machine. Deux postes de coût qui s'opposent.

Le fil : le premier poste, et de loin le plus variable

Sur un pull, la matière première représente couramment 40 à 60 % du coût FOB. C'est le poste qui explique l'essentiel des écarts entre deux cotations. Trois variables comptent :

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La composition — un coton conventionnel, un mérinos extrafin, un cachemire ou un mélange recyclé ne se paient pas au même prix au kilo, avec des écarts qui peuvent aller de un à dix. Le choix de la fibre fixe le plancher du prix bien avant toute discussion sur la fabrication.
2
Le poids (grammage) du vêtement — un pull se facture d'abord en grammes de fil consommés. Une maille épaisse, jauge 3, en grosses torsades, consomme bien plus de fil qu'un fin pull jauge 14. Le même modèle en version « lourde » coûte mécaniquement plus cher.
3
La certification du fil — un fil GOTS (coton bio), GRS (recyclé) ou un mérinos avec traçabilité mulesing-free coûte plus cher que son équivalent standard. C'est un choix marketing et réglementaire autant qu'un poste de coût.

C'est pourquoi un bon partenaire vous demande la composition cible et le grammage souhaité avant d'avancer le moindre chiffre : sans ces deux données, un prix annoncé ne veut rien dire. Pour aller plus loin sur le choix des fibres, voir notre fabrication de cardigans en mérinos et nos pulls en coton.

La fabrication : temps machine et méthode de montage

Une fois la matière fixée, c'est la manière de tricoter et d'assembler qui fait varier le coût de fabrication. Deux notions techniques sont décisives :

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Le temps machine

Une machine à tricoter rectiligne produit un panneau à une vitesse qui dépend de la jauge, de la complexité du point et de la taille du vêtement. Une maille fine et structurée (jacquard, ajourés, torsades) prend beaucoup plus de temps qu'un jersey uni. Le temps machine se traduit directement en coût, indépendamment du fil.

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Fully-fashioned vs coupé-cousu

En coupé-cousu, on tricote du tissu en lé que l'on découpe — rapide, mais avec de la chute de fil. En fully-fashioned, chaque panneau est mis en forme sur la machine : zéro découpe, meilleure tenue, mais plus de temps machine. Le WHOLEGARMENT va plus loin encore en tricotant le vêtement entier sans couture.

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Le remaillage et l'assemblage

Réunir les panneaux (remaillage maille à maille plutôt que surjet) est une opération manuelle qualifiée. Un col remaillé, une bordure propre, des finitions soignées ajoutent des minutes de main-d'œuvre — visibles dans le rendu final, et donc dans le prix.

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Le parc machine du fabricant

Nous tricotons en interne sur 22 machines (15 Shima Seiki WHOLEGARMENT et 7 Stoll). Disposer de cet outil intégré évite la sous-traitance du tricotage et donne un contrôle direct sur le temps machine — le poste le plus difficile à estimer à distance.

Finitions, contrôle qualité et coûts fixes répartis

Au-delà du fil et du tricotage, plusieurs postes plus discrets s'ajoutent — et ce sont souvent eux qui distinguent un pull « correct » d'un pull qui se vend en boutique haut de gamme :

C'est ce dernier point qui explique pourquoi la quantité change tout. Pour une discussion complète sur les paliers de prix, voir notre page tarification de la maille.

Pourquoi le MOQ et le volume font bouger le prix unitaire

Un pull n'a pas un prix, il a une courbe de prix qui descend avec la quantité. Trois mécanismes sont en jeu :

Pour une marque belge — marché à fort pouvoir d'achat mais souvent en séries courtes et exigeantes —, le bon réflexe n'est pas de chercher le prix unitaire le plus bas dans l'absolu, mais de caler le volume sur sa réalité commerciale. Côté logistique, l'origine turque garde un avantage utile : la maille livrée depuis Mersin vers le port d'Anvers via les services réguliers Méditerranée orientale–Europe du Nord (route atlantique par Gibraltar) bénéficie, sous certificat A.TR, d'un droit de douane d'environ 0 % (à confirmer selon votre nomenclature), là où une importation depuis la Chine supporte un droit de l'ordre de 12 %. Cet écart douanier, intégré au coût rendu, fait partie intégrante du calcul du « vrai » prix d'un pull. Tout se règle en EUR, ce qui simplifie la budgétisation.

Bon à savoir : nous fabriquons en Turquie (Made in Turkey) et ne revendiquons aucune origine locale belge. La transparence sur l'origine fait partie de la conformité au cadre du marché unique de l'UE — REACH (restrictions chimiques) et GPSR (règlement 2023/988 sur la sécurité générale des produits) inclus.

Vous voulez une cotation décomposée pour votre projet de pull ?

Donnez-nous la composition cible, le grammage, la jauge, la méthode de montage souhaitée et la quantité : nous vous renvoyons un prix FOB poste par poste, sans grille toute faite. Découvrez d'abord comment passer commande, parcourez le blog ou explorez notre offre de maille en gros.

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